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<< Mais moi je fais rien de mal, donc ça me dérange pas qu'ils lisent mes emails et qu'ils surveillent ce que je fais >> - T., 30 ans, agent de maîtrise
<< S'ils étaient vraiment si méchants, mais les journaux en parleraient, quand même! >> - D., 30 ans, cadre
<< Ah oui? toi tu crois qu'on est entré dans un système totalitaire en France? Vraiment? >> - E., 30 ans, profession libérale
Au programme demain matin dans votre vie civile et culturelle, des technologies dérivées de l'industrie de l'armement et des pratiques empruntées aux temps de guerre :
- le mouchard sous la peau pour vérifier que vous n'êtes pas un père de famille terroriste,
- la censure des journaux politiquement incorrects pour vérifier qu'ils ne diffusent pas des images pédopornographiques.
<< La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie présente mercredi 27 mai en Conseil des ministres une loi pour "s'adapter aux évolutions de la délinquance". Terrorisme, cybercriminalité [...].
<< Avec 35 articles, la "Loi d'orientation et de programmation pour la performance de la Sécurité intérieure" (Loppsi), entend permettre
aux forces de l'ordre de "s'adapter avec le maximum de réactivité possible aux évolutions de la délinquance", selon l'Intérieur, grâce à un catalogue
de mesures.
<< Sous le contrôle des magistrats, pour la "criminalité la plus grave, dont le terrorisme", les enquêteurs pourront capter à distance
"les données informatiques telles qu'elles s'affichent sur l'écran de l'utilisateur", une "sorte de transposition à
l'informatique des écoutes téléphoniques", selon l'Intérieur.
<< Concernant la cybercriminalité, la Loppsi introduit le "blocage des sites et contenus pédopornographiques" par les fournisseurs d'accès,
après que l'Intérieur leur aura communiqué leur existence. >>
NouvelObs.com, le 27 mai 2009 09h40
Il ne faut pas les écouter, par définition les terroristes disent n'importe quoi! Exemple.
<< Ce qui semble s’avérer chaque jour un peu plus c’est que la focalisation sur la personne de Julien Coupat tient à une déformation à la source même de l’enquête préliminaire, qui
prend comme hypothèse, dès le départ, son supposé rôle central et le fait suivre en conséquence… Suivez n’importe qui pendant plusieurs mois, et uniquement lui, et vous n’aurez aucun mal à le
faire figurer au centre d’une cartographie imaginaire. >>
Benjamin Rosoux, "bras droit" du "terroriste Julien Coupat, (sa-descendance-souffre-l'opprobre-publique-jusqu'à-la-vingt-cinquième-génération!)", propos recueillis
par Sarah Halifa-Legrand pour le NouvelObs.com, le mercredi 27 mai 2009
<< Avec cette fable des "anarcho-autonomes", on a dessiné le profil de la menace auquel la ministre de l'intérieur s'est docilement employée, d'arrestations ciblées en rafles
médiatiques, à donner un peu de chair et quelques visages. Quand on ne parvient plus à contenir ce qui déborde, on peut encore lui assigner une case et l'y incarcérer. Or celle de
"casseur" où se croisent désormais pêle-mêle les ouvriers de Clairoix, les gamins de cités, les étudiants bloqueurs et les manifestants des contre-sommets, certes toujours efficace dans
la gestion courante de la pacification sociale, permet de criminaliser des actes, non des existences. Et il est bien dans l'intention du nouveau pouvoir de s'attaquer à l'ennemi, en tant que tel,
sans attendre qu'il s'exprime. Telle est la vocation des nouvelles catégories de la répression. [...]
<< L'antiterrorisme, contrairement à ce que voudrait insinuer le terme, n'est pas un moyen de lutter contre le terrorisme, c'est la méthode par quoi l'on produit, positivement, l'ennemi
politique en tant que terroriste. Il s'agit, par tout un luxe de provocations, d'infiltrations, de surveillance, d'intimidation et de propagande, par toute une science de la manipulation
médiatique, de l'"action psychologique", de la fabrication de preuves et de crimes, par la fusion aussi du policier et du judiciaire, d'anéantir la "menace subversive" en
associant, au sein de la population, l'ennemi intérieur, l'ennemi politique à l'affect de la terreur. >>
L'immonde et sanguinaire terroriste Julien Coupat, propos recueillis par Isabelle Mandraud et Caroline Monnot pour le journal Le Monde, le 26 mai 2009
LOPPSI est un outil industriel officiel, dérivé de pratiques anciennes informelles des barbouzes. Il est aussi le digne successeur de l'HADOPI, sa version militarisée. Exemple : comment censurer un industriel trop audacieux qui rêve de casser le marché des autres en prétendant faire le bonheur de la ménagère.
<< Quasi dénouement heureux pour une histoire qui aura fait couler décidément beaucoup d’encre. Mais d’abord, un petit retour en arrière : au printemps
2004, Xavier Niel, alors âgé de 36 ans, était président du conseil d'administration d'Iliad, la maison maman de Free. Celui-ci avait été mis en examen digne dans un feuilleton digne d’une série
Z. On le soupçonnait fortement d’avoir détourné de l'argent pour l’investir dans des peep-shows et du proxénétisme. Bref, des activités tout de même assez inhabituelles pour le chef d’entreprise
lambda, même en matière informatique (si, si).
<< Outre les effets personnels de cette accusation, le groupe voyait son action chuter en bourse et souffrait par ricochets de cette curieuse affaire. Du même coup, l'accusation donnait
naissance à des rumeurs galopantes sur Iliad. [...]
<< On vient aujourd’hui d’apprendre, grâce à l'agence AFP, que le magistrat chargé de l’instruction de cette affaire a rendu le 30 août dernier une ordonnance de non-lieu pour Xavier
Niel. Cette ordonnance concerne les accusations de « proxénétisme aggravés », l’intéressé est donc lavé de tout soupçon sur cette base. >>
Marc Rees, pcinpact.com, le 14 septembre 2005
Dans cet exemple en effet, l'on voit tout l'intérêt de LOPPSI, qui permettra demain de spolier de leurs biens mal acquis cette race de rats d'égout les ceux-qui-ne-pensent-pas-comme-nous-avec-leur-nez-camus, qui sont les vrais ennemis de La Nation Triomphante Menée Par Son Serviteur Le petit Père Des Crises!
<< Peut-être n'y aura-t-il finalement jamais de 4ème licence 3G. Selon le Canard Enchaîné, qui cite une source de Bercy, le calendrier pourrait bientôt obliger Free à multiplier par trois ses investissements, qui deviendraient alors trop lourds pour rester réalistes. L'aboutissement d'un long processus de sabotage. Rétrospective.
<< Il y a quelque chose de pourri dans la candidature de Free à la quatrième licence 3G, au point qu'aujourd'hui Iliad doit se mordre les doigts d'avoir refusé de payer en une seule fois les 620 millions d'euros qu'exigeait le gouvernement avant l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Ce refus avait logiquement conduit au rejet de sa candidature par l'Arcep, ce qui devait simplement précipiter de nouvelles négociations, qui ont eu lieu. Le Parlement a adopté dans le cadre de la loi Chatel une disposition qui permettait à Free d'échelonner le paiement de la quatrième licence 3G. Mais c'était sans compte sur le fait que Nicolas Sarkozy décide, en novembre 2007, de s'occuper personnellement du dossier.
<< Depuis, alors que la licence 3G aurait due être obtenue dès février 2008, l'octroi des précieuses fréquences patauge.
<< En avril de l'année dernière, les premières rumeurs ont commencé à circuler sur l'intention de l'Etat de renoncerscindés en différents lots, ce qui a relancé tout le processus d'octroi des licences. Le dossier fut repoussé à 2009... sur fond de chantage aux opérateurs déjà titulaires des licences : Orange, SFR et Bouygues. à ouvrir le marché à un quatrième opérateur. Puis finalement, Nicolas Sarkozy a décidé que les 15 Mhz allaient être
<< Pour qu'ils acceptent sans protester de voir leur chiffre d'affaires taxé au profit de la télévision publique, la quatrième licence a en effet été instrumentalisée. Le Président du groupe UMP à l'Assemblée, Jean-François Copé, qui avait présidé la commission sur la télévision publique, l'a confessé à des journalistes inquiets que la taxe puisse être répercutée sur le prix des forfaits. "A mon avis, ils ne toucheront pas à leurs tarifs, sinon on ouvrira une quatrième licence. Ca va les calmer très vite !", avait ainsi lâché Copé.
<< Nicolas Sarkozy saucissonne la quatrième licence 3G
<< En juillet 2008, le Canard Enchaîné confirme que Nicolas Sarkozy a décidé de saboté le dossier de Free, en divisant la licence 3G en trois lots, comme lui aurait demandé son ami Martin Bouygues, propriétaire de l'un des trois gros opérateurs. "Je me suis acheté un château, ce n'est pas pour laisser les romanichels venir sur les pelouses", aurait-même dit l'industriel à l'hôte de l'Elysée.
<< En réaction, Free s'adresse au "candidat du pouvoir d'achat" et affirme que s'il a accès à la quatrième licence 3G, il divisera le prix des forfaits par deux. Effet assuré auprès des ménages.
<< En septembre 2008, l'Arcep (depuis reprise en main par l'Etat) fait pression sur l'Elysée pour qu'il accepte d'octroyer la quatrième licence 3G, en réservant au moins l'un des lots à un nouvel opérateur, Free. François Fillon annonce alors que le dossier sera décidé début 2009. Mais dès octobre 2008, le Figaro écrit que "la 4ème licence c'est à 98 % enterré". Faisant fi de la position de l'Arcep, Nicolas Sarkozy aurait décidé selon le journal que les trois lots de la quatrième licence seraient distribués aux trois gros opérateurs.
<< En réaction, Free décide cette fois de devenir un opposant politique. Le patron Xavier Niel, jusque là discipliné, multiplie les prises de paroles contre la loi Création et Internet et la fameuse riposte graduée. Il s'en prend également au projet de filtrage du net voulu par Nicolas Sarkozy. Le message est clair : si Free n'a pas accès à la quatrième licence 3G, il usera de tout son pouvoir d'influence pour faire échec aux projets de Nicolas Sarkozy dans le contrôle du net.
<< Le gouvernement jouerait la montre jusqu'à février 2010
<< Hasard ou coïncidence, mis sous pression par Bruxelles, Matignon décide fin 2008 de remettre à l'ouvrage le dossier, tandis que Martin Bouygues joue du chantage à l'emploi pour convaincre Nicolas Sarkozy de ne pas bouger.
<< Début 2009, comme il l'avait promis, François Fillon assure que la quatrième licence sera attribuée d'ici l'été, ce qui calme l'opposition de Xavier Niel, en particulier contre la loi Création et Internet. Un débat parlementaire est organisé pour valider le processus d'octroi des lots de fréquence, qui coûtera finalement 206 millions d'euros à Free. Ne reste plus que la validation de l'Arcep, ce qui ne devait être qu'une formalité puisque le Conseil d'Etat avait déjà donné un avis favorable, contraire à la position défendue par Vivendi, la maison-mère de SFR.
<< Mais finalement, le gouvernement a décidé une nouvelle fois de retarder le dossier. En avril 2009, Luc Chatel annonce que la Commission des participation et des transferts (CPT) sera consultée pour vérifier la conformité du montant demandé avec les intérêts de l'Etat.
<< Or cet ultime rebondissement n'est pas sans conséquences. Le Canard Enchaîné a en effet publié cette semaine un article qui prête au gouvernement l'intention de gagner du temps, jusqu'à ce que le prix du déploiement d'une offre mobile devienne trop important pour Free. "La réglementation prévoit en effet qu’Orange, SFR et Bouygues céderont à tout nouvel entrant une partie de leurs fréquences sur la meilleure bande, celle des 900 MHz. Mais à une condition : que la licence soit attribuée avant le 30 juin 2010", raconte le journal. "Au-delà, ils ne devront plus rien au quatrième opérateur. Celui-ci ne disposerait alors que de fréquences sur la bande des 2100MHz, laquelle nécessite 3 fois plus d’antennes pour fonctionner. La couverture de la totalité du territoire lui couterait 9 milliards au lieu de 3, selon un haut fonctionnaire de Bercy. Cela rendrait l’opération irréalisable".
<< Or, selon le Canard Enchaîné, la procédure d'attribution de la nouvelle licence prendrait 8 mois à partir du moment où la CPT rend son avis. L'objectif inavoué du gouvernement serait donc de retarder au maximum les choses, pour que l'avis ne soit pas donné avant février 2010, ce qui sauvera les trois opérateurs.
<< Une manoeuvre d'autant plus gênante que le futur président d'Orange, Stéphane Richard, est l'ancien directeur de cabinet de Bercy, qui ne compterait "que des amis" au sein de la CPT. >>
<< L'information est une composante stratégique essentielle dans la stratégie militaire. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que l'armée cherche à surveiller Internet et l'ensemble des communications sensibles qui pourraient avoir un impact sur la sécurité nationale. Mais avec le système HERISSON, détaillé par notre confrère PC Inpact, la France veut se doter d'un outil de surveillance de grande envergure qui alimente le risque d'un Big Brother à la française.
<< Le Système HERISSON ("Habile Extraction du Renseignement d'Intérêt Stratégique à partir de Sources Ouvertes Numérisées") vise à surveiller et à référencer dans une base de données toutes les communications et les contenus véhiculés par tous les médias, en particulier Internet. La Direction Générale des Armées (DGA), en charge des renseignements pour le ministère de la Défense, aurait la paternité du projet dont le cahier des charges a été rendu public dans un document Google Docs.
<< Le projet a été évoqué dans un appel d'offres lancé en avril 2007, portant sur les "conception réalisation et évaluation d'un plate-forme dédiée au traitement des sources ouvertes pour le renseignement militaire d'intérêt stratégique". Une fois le marché notifié, le prestataire bénéficie de 36 mois pour réaliser ce qui semble tentaculaire.
<< Herisson doit être capable de surveiller et de collecter des données issues des médias traditionnels (télévisions, radios libres, presse papier, livres, ...) , et des nouveaux médias (presse en ligne, sites web institutionnels, bases de données en ligne, réseaux sociaux, blogs et sites personnels, moteurs de recherche, annuaires, portail, agrégateurs d'actualités, flux RSS...). Les services de chat IRC, mailing-list, forums, newsgroups, ou Peer-to-Peer sont également visés. Herisson doit ainsi pouvoir télécharger sur les réseaux FTP ou les réseaux P2P.
<< Le système doit être capable de reconnaître tout type de contenus (texte, image, son et vidéo), en ayant "la capacité de collecter des données via les protocoles : MMS (flux vidéo type Windows Media Player) RSTP (flux vidéo type Real Player) POP3 (messagerie)". Il doit aussi pouvoir "gérer un éventail large, non restreint et évolutif de formats de documents de type : Vidéo (AVI, MPG, MOV, MP4, Real, FLV, OGM ...) ; Audio (WAV, MP3, OGG...) ; Image (BMP, JPG, TIFF...) ; Texte (HTML, MHTML, Open Document, Open XML/Microsoft Office, Adobe PS/PDF, Flash)".
<< Parmi les caractéristiques techniques souhaitées par le ministère de la Défense figure la capacité d'Herisson à effectuer les "détection et classification d'objets contenus dans une image (personne, véhicule, meuble...)" et permettre "la détection et l'identification de personne dans une vidéo". Le tout classé grâce à un système complexe de métadonnées, qui permettront de retrouver les contenus en fonction de leur source, de leur contexte, des textes qui les accompagne, etc., etc. >>
Guillaume Champeau, numerama.com, le 19 mars 2009 (Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0)